l'instituteur et les institutrices (1907)

En 1907, la commune compte trois écoles publiques. Il y a une école de garçons et une école de filles dans le bourg de Saint-Vert et une école mixte à La Pouille. On présente souvent les instituteurs de cette époque comme des hussards noirs de la république, des ennemis de l'Eglise. A Saint-Vert, ce n'est pas le cas : deux sur trois assistent régulièrement à la messe. Aussi le curé Vigouroux les juge-t-il avec clémence :

L'école de garçons est dirigée par monsieur Antoine Barrier, originaire de Chassignolles, commune voisine. C'est un honnête homme et un excellent instituteur. Sans être un dévot, il remplit ses devoirs religieux et par suite donne le bon exemple aux hommes de la commune et aux jeunes gens qu'il a mission d'instruire. Son enseignement est neutre mais pas antireligieux. Il est bien avec le curé et cette amitié est au su de tout le monde et personne ne s'en plaint. Il serait à souhaiter qu'en ce temps d'impiété et d'athéisme tous les instituteurs publics agissent comme lui et les enfants recevraient une bonne éducation. [...]
L'école de filles du bourg est dirigée par une demoiselle Chapus, originaire de Lorlanges, canton de Blesle. Cette personne a occupé de bons postes, des postes honorifiques : Brioude et Yssingeaux. Elle a eu des misères et puis, bien qu'intelligente et bien élevée, ses facultés mentales ont subi une dépression regrettable au point qu'elle est considérée comme hallucinée, maniaque. Les parents, la municipalité se plaignent et ont fait plusieurs démarches pour obtenir son départ. L'administration académique a été jusqu'à présent sourde aux plaintes formulées. Son enseignement oral laisserait à désirer. Elle ne met jamais les pieds à l'église et ne fait aucun acte public de religion. Vu sa mentalité, elle serait plutôt à plaindre qu'à blâmer. Cependant les enfants en souffrent et son enseignement laisse à désirer à tous les points de vue. Son changement s'impose.
[L'école mixte de La Pouille] est dirigée par mademoiselle Margueritte Dallan, fille d'un ancien gendarme actuellement domicilié à La Taupe commune de Sainte-Florine. Cette institutrice n'a pas l'air méchante, elle n'est pas impie puisqu'elle vient à la messe et fait ses Pâques. Elle vient souhaiter la bonne année au curé, ce qui prouve qu'elle n'est pas anticléricale. Son enseignement, quoique a-religieux, n'est pas hostile à la religion. C'est une bonne personne quoique un peu jeune et par suite un peu enfant.