Saint-Vert dans la Première Guerre mondiale
Frédéric Challet
En France, on entretient, depuis la défaite de 1870, l'idée d'une revanche sur l'Allemagne avec la volonté de récupérer l'Alsace-Lorraine. L'Allemagne, en pleine expansion, cultive de son côté, au détriment de la France, de fortes ambitions coloniales. La course aux armements et le jeu des alliances vont conduire à la guerre. Le 28 juin 1914, François-Ferdinand de Habsbourg, neveu et héritier présomptif de l'empereur d'Autriche François-Joseph, est assassiné à Sarajevo par un étudiant nationaliste. L'Autriche tire parti de cet attentat pour déclarer la guerre à la Serbie accusée d'avoir armé l'assassin. Dès lors, c'est l'escalade. La Russie, protectrice traditionnelle des peuples slaves, mobilise ses troupes. Le 1er août, l'Allemagne, alliée à l'Autriche-Hongrie depuis 1879, déclare la guerre à la Russie. Le 3 août, l'Allemagne envahit la Belgique et, à 18 heures 45, déclare la guerre à la France en invoquant le prétexte (inventé) du survol et du bombardement de Nuremberg par un avion français. Le 4 août, la Grande-Bretagne, alliée à la France depuis 1904 par l'Entente cordiale, déclare la guerre à l'Allemagne.
L'ordre de mobilisation générale parvient à Saint-Vert le samedi 1er août 1914. Pour l'annoncer, on fait sonner les cloches. Dans son journal de paroisse, le curé de Saint-Vert, Régis Vigouroux, montre l'état d'esprit des familles, entre accablement et résignation (A.D. Hte-Loire, V dépôt 22-2)Samedi 1er août arrive l'ordre de la mobilisation générale des armées de terre et de mer. Les cloches de l'église tintent lugubrement pendant demi-heure. La consternation se lit dans tous les visages. La guerre est sur le point d'éclater avec l'Allemagne. Elle nous est déclarée par cette dernière puissance le 4 août. Quelques jours après, l'Autriche-Ongrie, son alliée, se met contre nous, puis quelque mois plus tard la Turquie. De notre côté l'Angleterre, la Russie, la Belgique, la Serbie. La mobilisation s'effectue avec calme et dans un ordre parfait.
Des prières publiques, ordonnées une première fois par les cardinaux français, une seconde fois par le roi d'Angleterre George V, ont été dites aux jours prescrits dans l'église de Saint-Vert. Cette guerre consterne beaucoup de famille et provoque plus d'un gémissement. Certains reviennent à Dieu et sont moins hostiles au prêtre et à la religion que précédemment.
Dès les premiers mois du conflit, Saint-Vert compte ses premiers blessés et ses premiers morts. Des offices solennels sont célébrés dans l'église de Saint-Vert pour le repos de leur âme. Ainsi, pour Guillaume Eugène Prady, mort le 4 septembre 1914 (A.D. Hte-Loire, V dépôt 22-2) :
Un office très solennel a été célébré dans l'église paroissiale de Saint-Vert au milieu d'une nombreuse affluence. La municipalité en corps, les enfants des écoles avec leurs maîtres respectifs y assistaient. L'église et le catafalque étaient ornés de drapeaux tricolores.
Pendant la guerre, beaucoup d’hommes sont absents de la commune. Dans les champs et dans les prés, les femmes remplacent leurs maris mobilisés. Ainsi, à Saint-Vert, bon nombre de femmes de mobilisés se sont mises au travail de l’agriculture et conduisent avec une main sûre l’araire, la charrue et manient aussi la faux et la faucille (délibération du conseil municipal du 4 février 1917, extrait).
Après une forte poussée allemande, la bataille de la Marne du 6 au 9 septembre 1914 permet à Joffre de redresser la situation et de repousser les Allemands jusqu'à l'Aisne. Pour déborder l'adversaire, chacun se lance alors dans une course à la mer marquée par une série d'offensives et de contre-offensives. Finalement les deux armées s'immobilisent face à face sur un front de 800 km qui s'étend de la mer du Nord à la frontière Suisse : commence alors la guerre des tranchées. L'année 1916 est marquée par la bataille de Verdun. C'est un bombardement incessant d'obus : les morts se comptent par centaines de milliers. La seconde bataille de la Marne, de juillet à octobre 1918, se révèle décisive : les Allemands sont contraints de reculer et finalement de capituler. L'armistice est signé le 11 novembre dans un wagon-salon près de la gare de Rethondes (dans l'Oise).
La Première Guerre mondiale cause la mort de 1 350 000 soldats français.
Vingt-six jeunes hommes de Saint-Vert sont morts pour la France :
Guillaume Eugène PRADY
Né le 11 octobre 1884 à Villosanges (canton de Pontaumur, Puy-de-Dôme).
Fils de Pierre Prady et Anne Johannel.
Signalement : cheveux et sourcils châtain foncé, visage plein, yeux gris, nez long, bouche moyenne, taille 1m 63.
Cultivateur et maçon.
Service militaire au 157e régiment d’infanterie du 9 octobre 1905 au 28 septembre 1907.
Epouse à Saint-Vert le 26 octobre 1907 Marie Anna Dissard de la Pouille, couturière et fille d'un paysan entrepreneur en maçonnerie. Deux fils, Raymond et Arsène.
Réside à Paris, dans le 18e arrondissement : en février 1908 au 8 impasse Langlois et en septembre 1911 au 7 rue l’Olive.
Employé à la Compagnie des chemins de fer du Nord comme manœuvre au dépôt de locomotives de la Chapelle à Paris (18e arrondissement) du 16 février 1909 au 3 juillet 1911.
Réside ensuite à Villeurbanne (Rhône), 8 place des Maisons-Neuves.
Mobilisé le 3 août 1914. Soldat au 5e régiment d'infanterie coloniale.
Il est tué le 4 septembre 1914 à Larifontaine (Vosges).
Jean François RICOUX
Né le 23 juin 1886 à la Font-de-Faux. Fils de Vital Ricoux et Marie Fayet.
Signalement : cheveux et sourcils châtain clair, visage ovale, yeux roux, nez fort, bouche moyenne, taille 1m 60.
Cultivateur. Célibataire.
Service militaire au 38e régiment d'infanterie du 8 octobre 1907 au 25 septembre 1909.
Soldat de 2e classe, puis soldat de 1ère classe (mai 1908), puis caporal (septembre 1908).
En décembre 1909, il est scieur de long à Ellecourt (Seine-Maritime).
En juillet 1911, réside à Paris, 36 rue des Chaufourniers (19e arrondissement).
En janvier 1912, réside à Créquy (Pas-de-Calais).
Au moment de la mobilisation, le 2 août 1914, il habite la Font-de-Faux.
Sergent au 238e régiment d'infanterie.
Il est tué le 12 novembre 1914 à Confrécourt (commune de Berny Rivière, département de l'Aisne). Citation à l’ordre du corps d’armée : « Le 12 novembre, sa section faisant partie de la tête d’une colonne d’attaque lancée sur un terrain battu par l’ennemi et devant un réseau de fil de fer à détruire, s’est jeté résolument en avant, entraînant ses hommes. A été tué dans les 20 premiers mètres. »
Pierre Ernest Elie MAGAUD
Né le 4 août 1888 aux Combes. Fils de Pierre Magaud et Antoinette Jacob.
Soldat de 2e classe au 12e bataillon de chasseurs alpins.
Il meurt des suites de ses blessures le 7 mars 1915 à Sulzern (Alsace).
Léonard Jean-Marie PORTE
Né le 26 juillet 1894 à la Pouille. Fils de Claude Porte et Anne Durond.
Soldat au 175e régiment d'infanterie.
Il meurt des suites de ses blessures le 8 mai 1915 à Sedd Ul Bahr en Turquie.
Auguste Alexis RIOMET
Né le 25 décembre 1891 à Pépouget. Fils de Simon Riomet et Marie Mazal.
Cultivateur. Célibataire.
Service militaire à partir du 1er octobre 1912.
Il participe à la campagne de pacification du Maroc du 18 mars 1913 au 7 août 1914.
Soldat de 2e classe au 3e régiment de zouaves.
Il est porté disparu le 12 mai 1915 à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais).
Joseph Marius THONAT
Né le 29 avril 1895 à Osfond. Fils de Marie Thonat.
Soldat de 2e classe au 158e régiment d'infanterie.
Il est porté disparu le 25 septembre 1915 à Angres (Pas-de-Calais).
Jean Marie Alfred DISSARD
Né le 10 avril 1882 à la Pouille. Fils de Jean Dissard et Marguerite Bouchet.
Signalement : cheveux et sourcils bruns, visage ovale, yeux marron, nez gros, bouche moyenne, taille 1m 72.
Ajourné par le conseil de révision en 1903 et 1904 pour « faiblesse », il est déclaré bon pour le service en 1905.
Service militaire au 92e régiment d’infanterie du 8 octobre 1905 au 18 septembre 1906.
Epouse à Paris le 4 avril 1908 Jeanne Pauline Giron. Trois enfants.
Gazier à Paris. Réside dans le 18e arrondissement : en février 1908 au 4 rue du Canada, en juin 1908 au 38 rue Pajol, en octobre 1910 au 7 rue des Roses. En avril 1912, il réside à Aubervilliers. Puis à nouveau dans le 18e arrondissement de Paris : en octobre 1912 rue Ordener, en avril 1914 au 101 rue de la Chapelle.
Mobilisé le 12 août 1914 au 92e régiment d'infanterie.
Il est porté disparu le 10 mars 1916 au bois des Corbeaux (commune de Forges, département de la Meuse) au cours de la bataille de Verdun.
Benoît Jean Marie BOEUF
Né le 27 avril 1881 à la Pouille. Fils de Jean Bœuf et Jeanne-Marie Cartier.
Epouse à Saint-Vert le 12 décembre 1908 Jeanne Marie Amélie Bard de Chalus.
Soldat au 36e régiment d'infanterie.
Il meurt des suites de ses blessures le 11 avril 1916 au bois de la Caillette (Meuse).
Jean OLEON
Né le 5 février 1897 aux Macans.
Sapeur au 2e régiment du génie.
Il meurt, d'une maladie contractée en service, le 12 avril 1916, à onze heures du soir, à l'hôpital mixte de Montpellier (Hérault).
Auguste Victor MIRAMONT
Né le 1er avril 1876 à Longevialle. Fils d’Antoine Miramont et Catherine Thonat.
Cultivateur. Epouse à Saint-Vert en 1902 Marie Louise Jacob d’Osfond. Deux enfants.
Soldat au 99e régiment territorial d'infanterie.
Il est tué le 23 avril 1916, à cinq heures du soir, dans les tranchées de Michelbach (Alsace) par un obus allemand qui l'atteint à l'épaule gauche. Il est inhumé au cimetière de Michelbach.
André Adolphe Philibert SAURET
Né le 27 novembre 1883 au Nugier (commune de Laval-sur-Doulon).
Fils de Jean Sauret et Marie Faugère.
Exempté de service militaire en 1904 pour « arrêt de développement ».
Cultivateur. Epouse à Saint-Vert le 1er octobre 1910 Eugénie Claudia Thomas. Un enfant.
Reconnu bon pour le service armé par le conseil de révision de la Haute-Loire du 7 décembre 1914, il est mobilisé au 139e régiment d’infanterie le 22 février 1915. Passe au 32e régiment d’infanterie le 30 juin 1915. Du 22 février au 8 juillet 1915 il sert à l’arrière. A partir du 9 juillet 1915 il est envoyé au front.
Il est tué sur le champ de bataille le 24 avril 1916, un peu après minuit, dans une tranchée entre la cote 304 et le bois d'Avocourt (commune de Malancourt, département de la Meuse).
Pierre TOURON
Né le 24 octobre 1880 à Pot. Fils de Julien Touron et Mélanie Chalet.
Epouse à Saint-Vert le 29 juin 1912 Marie Camille Bard. Un enfant.
Soldat au 36e régiment d'infanterie.
Il est porté disparu le 23 mai 1916 à Douaumont (Meuse).
Aymard Joseph VIGERIE
Né le 18 février 1879 à la Font-de-Faux. Fils d’Antoine Vigerie et Marie Ricoux.
Cultivateur.
Sergent au 298e régiment d'infanterie.
Il est tué le 4 juin 1916 au fort de Vaux (défense de Verdun).
Jean Marie Joseph JACOB
Né le 8 mai 1882 à Osfond. Fils de Pierre Jacob et Marie Fournier.
Signalement : cheveux et sourcils châtain foncé, visage ovale, yeux marron, nez pointu, bouche moyenne, taille 1m 67.
Cultivateur.
Dispensé comme « fils unique de veuve », ne passe qu’un an sous les drapeaux : service militaire au 12e bataillon de chasseurs à pied du 14 novembre 1903 au 22 septembre 1904.
Epouse à Saint-Vert en 1910 Marie Angèle Porte de Saint-Vert. Un enfant.
En mars 1911, réside avec son épouse à Bessy (Aube) où il est scieur de long.
Mobilisé le 5 août 1914 au 12e bataillon de chasseurs à pied.
Passe ensuite au 52e bataillon de chasseurs à pied.
Blessé le 16 juin 1915 à Sommerlitt (Alsace). Citation à l’ordre du bataillon : « A été blessé en entraînant brillamment ses chasseurs à l’assaut ».
Il est tué le 21 juillet 1916 à Curlu au cours de la bataille de la Somme.
Médaille militaire à titre posthume.
Joseph CARTIER
Né le 25 janvier 1879 à Cistrières (Haute-Loire).
Fils de Vital Cartier et Véronique Vernet demeurant aux Coins, commune de Saint-Vert.
Soldat de 2e classe au 55ème bataillon de chasseurs à pied.
Il est tué le 26 juillet 1916 à Marcelcave-les-Buttes (Somme).
Vital Bertin Régis DISSARD
Né le 28 octobre 1895 à la Pouille. Fils de Jean Dissard et Marguerite Bouchet.
Cultivateur.
Soldat au 121e régiment d'infanterie.
Il meurt des suites de ses blessures le 9 novembre 1916, à six heures du soir, dans les tranchées du parc du château de Chaulnes (Somme). Il est inhumé au cimetière de Lihons (Somme), tombe 1015.
Jean Léon PASCAL
Né le 8 mai 1878 à Osfond. Fils de François Pascal et Antoinette Oléon.
Cultivateur. Epouse à Saint-Vert en 1905 Marie Virginie Victorine Jacob d’Osfond.
Deux enfants : Alice et Pierre.
Caporal au 216e régiment d'infanterie.
Médaille de la bravoure (décoration serbe).
Il est porté disparu le 25 octobre 1916 au sud du fort de Vaux (défense de Verdun).
Noël OLLEON
Né le 1er décembre 1877 à la Baffie (commune de Fayet-Ronaye).
Fils de Pierre Olléon et Catherine R.
Signalement : cheveux et sourcils châtains, visage ovale, yeux gris bleu, nez moyen, bouche moyenne, taille 1m 59.
Service militaire au 16e régiment d’infanterie du 15 novembre 1898 au 21 septembre 1901.
En juillet 1907, réside à Clacy-et-Thierret (Aisne).
En novembre 1911, réside à Voyenne (Aisne).
En décembre 1913, réside à Taillefontaine (Aisne).
Marié à Adrienne Mestre. Un enfant.
A la mobilisation, arrive au corps le 14 août 1914. Soldat de 2e classe. D’abord au 50e régiment d’infanterie puis, à partir du 16 juin 1916, au 308e régiment d'infanterie.
Il est blessé à la tête par un éclat d’obus le 16 mai 1917 au cours des attaques devant Vauxaillon (Aisne) dans le cadre de l’offensive du Chemin des Dames. Il meurt des suites de ses blessures le 24 mai 1917, à onze heures du soir, à l'ambulance 237 à Soissons. Il est inhumé au cimetière civil de Soissons.
Décorations : médaille militaire (A toujours été un vaillant soldat faisant constamment preuve de courage et de dévouement) et croix de guerre avec étoile d’argent.
Alfred Marius Auguste DUCHAMP
Né le 20 avril 1895 à Salcrut. Fils de Xavier Duchamp et Marie Pastural.
Cultivateur.
Caporal au 2e régiment d'infanterie coloniale.
Il est tué à Gimel (secteur de Vého, Meurthe-et-Moselle) le 4 août 1917 à deux heures du matin “ d'une balle au crâne ”. Il est inhumé au cimetière militaire provisoire de Vého.
Auguste François POUYET
Né le 20 novembre 1891 à Chalus. Fils de François Pouyet et Marie Garde.
Signalement : cheveux châtain clair, visage long, yeux marron foncé, taille 1m 62.
Cultivateur.
Ajourné par le conseil de révision en 1912 pour « faiblesse », il repasse devant le conseil de révision en 1913 qui le déclare bon pour le service auxiliaire en raison d’une « musculature insuffisante ». Incorporé le 8 octobre 1913, il est maintenu dans le service auxiliaire par la commission de réforme de Clermont-Ferrand du 26 octobre 1914. Il est affecté à la 13e section de commis et ouvriers militaires d’administration.
La commission de réforme de Moulins du 18 mai 1915 le déclare apte au service armé. Il est incorporé au 98e régiment d’infanterie le 1er octobre 1915.
Blessé par un éclat d’obus le 14 mars 1916 au bois de Cumières (Meuse) pendant la bataille de Verdun.
Passe au 167e régiment d’infanterie le 24 août 1916, puis au 168e régiment d’infanterie le 30 août 1916. Evacué pour maladie le 30 décembre 1916, il rentre le 4 février 1917.
Il est porté disparu le 8 septembre 1917 au plateau ou bois des Caurières (Meuse) pendant la deuxième bataille de Verdun. D’abord « présumé prisonnier ». Son corps est transféré au cimetière militaire de Louvemont (Meuse).
Vital Alphonse Emile Marcel MESTRE
Né le 4 février 1899 à Longevialle. Fils de Jean Vital Mestre et Louise Challet.
Cultivateur.
Soldat au 86e régiment d'infanterie.
Il meurt de la scarlatine le 25 mai 1918, à deux heures du matin, à l'hôpital temporaire du Puy-en-Velay où il était entré le 21 mai.
Antoine ROCHE
Né le 29 janvier 1885 à Lupiat (commune d’Agnat). Fils de Jean Roche et Anne Cavard.
Signalement : cheveux et sourcils châtains, visage ovale, yeux gris, nez moyen, bouche moyenne, taille 1m 62.
Service militaire au 12e bataillon de chasseurs à pied du 6 octobre 1906 au 25 septembre 1908.
Epouse à Agnat le 21 janvier 1911 Marie Victorine Pouyet de Chalus.
Cultivateur à Chalus. Trois fils : Edouard, Arthur et Antoine.
En décembre 1912, réside 116 rue de Paris à Arcis-sur-Aube.
Mobilisé au 12e bataillon de chasseurs le 5 août 1914. Blessé le 16 juin 1915 (citation à l’ordre du bataillon : « a été blessé en faisant bravement son devoir »).
Passe au 11e bataillon de chasseurs le 8 septembre 1916.
Citation à l’ordre du bataillon en juin 1917 : « Très bon chasseur. Dans la nuit du 11 au 12 juin 1917 a été un des premiers en contact avec des éléments ennemis qui tentaient un coup de main. Monté sur le parapet pour mieux lancer ses grenades, a fortement contribué à repousser les assaillants. »
Passe au 70e bataillon de chasseurs à pied le 7 août 1918.
Il meurt des suites de ses blessures le 19 août 1918, à une heure cinquante du matin, à l'ambulance du Plessier-Rozainville (Somme).
Auguste Marie Joseph BAYLOT
Né le 28 février 1887 à Osfond. Fils de Benoît Baylot et Marie Faure.
Signalement : cheveux et sourcils châtain foncé, visage ovale, front bombé, yeux marron, nez aquilin, bouche moyenne.
Cultivateur.
Ajourné par le conseil de révision en 1908. Exempté en 1909 pour « faiblesse générale ».
Déclaré bon pour le service armé par le conseil de révision de la Seine du 11 décembre 1914.
Mobilisé le 24 février 1915 au 2e régiment de zouaves.
Blessé le 18 juin 1915 à Souchez (Pas-de-Calais) par une balle qui lui traverse la poitrine.
Citation à l’ordre du régiment du 16 novembre 1916 : « Sur le front depuis le début de la campagne a fait l’admiration de ses camarades par son courage, s’est distingué particulièrement pendant l’occupation d’un secteur violemment battu. »
Décoration : croix de guerre.
Caporal. Il est tué le 29 août 1918, à huit heures du matin, au combat de Noyon (Oise).
Citation à l’ordre du régiment du 21 septembre 1918 : « Excellent gradé. A forcé l’admiration de tous par sa crânerie et son mépris du danger ; mortellement blessé en plein assaut à quelques pas des lignes ennemies. »
Jean-Baptiste Ernest FAURE
Né le 20 avril 1886 à la Grange-Michel. Fils de Claude Faure et Antoinette Chastrette.
Signalement : cheveux et sourcils châtains, visage ovale, yeux marron, nez fort, bouche petite, taille 1m 61.
Cultivateur.
Au conseil de révision en 1907 est reconnu « soutien de famille » : son père est décédé en janvier 1901 et sa sœur Claudia est née en août 1901.
Service militaire au 139e régiment d’infanterie du 9 octobre 1907 au 25 septembre 1909.
Accompli un stage au 10e régiment de chasseurs du 17 mai au 13 juin 1908 et obtient la mention « assez bien ».
Epouse à Paris le 24 novembre 1910 Albany Thérèze Raynal (originaire de l’Aveyron).
Réside à Paris : en décembre 1910 au 30 rue de Ménilmontant (20e arr.), en mars 1911 au 3 rue Ramponeau (20e arr.) et en février 1912 au 25 rue de Montmorency (3e arr.). En mai 1913, réside au Pré-Saint-Gervais.
Mobilisé le 4 août 1914. Soldat au 339e régiment d'infanterie.
Il est tué le 3 septembre 1918 devant Bagneux (Aisne).
Lucien Michel OLEON
Né le 24 avril 1887. Fils de Claude Oléon et Jeanne Marie Faure.
Signalement : cheveux et sourcils châtain foncé, visage ovale, yeux gris, nez moyen, bouche moyenne, taille 1m 60.
Cultivateur et scieur de long.
Service militaire au 21e régiment d’infanterie du 6 octobre 1908 au 25 septembre 1910.
Mobilisé le 4 août 1914 au régiment d’infanterie d’Aurillac.
Blessé en 1915. Démobilisé le 8 février 1918. Réformé le 25 novembre 1918.
Il meurt le 17 janvier 1919, à sept heures du soir, à son domicile des Macans.
Jean PULBY
Né le 27 octobre 1894 à Chevany. Fils de Laurent Pulby et Jeanne Mestre.
Cultivateur.
Sergent au 30e bataillon de chasseurs à pied.
Il meurt le 3 mai 1919, à neuf heures du soir, chez lui à Chevany des suites d’une maladie contractée aux armées.
Décorations : croix de guerre et médaille militaire.
La commune de Saint-Vert comptait 566 habitants en 1911. La guerre a tué 26 hommes dans la force de l'âge, laissant des veuves et des orphelins. Parmi ceux qui sont revenus, certains sont invalides. Les communes rurales paient un lourd tribut à la guerre parce qu'elles ont surtout fourni des troupes à l'infanterie, l'arme la plus exposée.
Sources :Fiches individuelles des soldats décédés au cours de la Grande Guerre, archives du ministère de la Défense.
Etat civil de la commune de Saint-Vert et de la commune de Laval-sur-Doulon.
Journal du curé Vigouroux. Arch. dép. Haute-Loire, V dépôt 22 - 2
Délibération du conseil municipal de Saint-Vert du 4 février 1917.
Registres matricules militaires. Arch. dép. Puy-de-Dôme : Guillaume Eugène PRADY, subdivision de Riom, classe 1904, vol. 3, n° 1376, 1904 R 3420 ; Noël OLLEON, subdivision de Clermont-Fd, classe 1897, vol. 3, n° 1138, 1897 R 3381
Registres matricules militaires. Arch. dép. Haute-Loire : Jean François RICOUX, subdivision d'Aurillac, classe 1906, n° 1022, 1 R 970 ; Auguste Alexis RIOMET, subdivision d’Aurillac, classe 1911, n° 721, 1 R 1004 ; Jean Marie Alfred DISSARD, subdivision d’Aurillac, classe 1902, n° 311, 1 R 942 ; André Adolphe Philibert SAURET, subdivision d’Aurillac, classe 1903, n° 2170, 1 R 949 ; Jean Marie Joseph JACOB, subdivision d'Aurillac, classe 1902, n° 302, 1 R 942 ; Auguste François POUYET, subdivision d’Aurillac, classe 1911, n° 717, 1 R 1004 ; Antoine ROCHE, subdivision d’Aurillac, classe 1905, n° 157, 1 R 963 ; Auguste Marie Joseph BAYLOT, subdivision d’Aurillac, classe 1907, n° 167, 1 R 977 ; Jean-Baptiste Ernest FAURE, subdivision d’Aurillac, classe 1906, n° 997, 1 R 970 ; Lucien Michel OLEON, subdivision d’Aurillac, classe 1907, n° 184, 1 R 977.